Pink is in the air

N°1

Émouvoir pour séduire ou séduire sans émouvoir

René-Georges GAULTIER, Président
Notre métier de communicant publicitaire est de créer des annonces ou des films qui, en créant de l’émotion sur nos cibles, vont rendre la marque empathique afin de séduire l’acheteur potentiel.

Notre rôle essentiel est aussi de surveiller l’évolution comportementale des consommateurs afin d’adapter nos méthodes de communication. C’est le rôle du planning stratégique. Or voici une toute nouvelle étude Ipsos (Boursault) qui s’intéresse au regard que la femme française porte sur la séduction. Étude qui peut surprendre à plus d’un titre. On apprend ainsi que :
La plupart des femmes évaluent le potentiel de séduction d’un homme en 5 minutes ou moins (43%) et la majorité estime qu’en moins de 10 minutes (58%) les choses sont décidées.

 

Elles estiment qu’il est difficile de rencontrer des hommes séduisants dans leur vie de tous les jours (72%). Elles n’hésitent pas à faire le premier pas (62%).

 

Elles estiment que leur pouvoir de séduction diminue à partir de 35 ans pour remonter vers 60 ans.

Les femmes misent avant tout sur leur sourire (25%), leur regard (22%) pour séduire.

 

Les atouts diffèrent en fonction de l’âge. L’apparence vestimentaire compte pour 41% des moins de 35 ans contre 34% pour les 35-54 ans et 36% pour les 55 ans et plus.

 

Pour séduire, 36% des 18-24 ans sont entrées en contact physiquement avec un inconnu rencontré sur les réseaux sociaux, contre 39% pour les 25-34 ans.

 

Pour les moins de 25 ans, Internet est en train de devenir le lieu de rencontre favori (30%) derrière les boîtes de nuit (43%).

 

Les femmes sont toujours romantiques. 63% ont connu un coup de foudre et pensent que l’amour dure toute la vie (60%).

 

Mais elles usent de stratégies de dissimulation. 59% commencent par devenir amie ou s’inventent un profil attractif sur les réseaux sociaux (83%). Derrière ces changements sociétaux chez la femme, on peut percevoir certaines tendances qui doivent guider notre réflexion de communicants. Mais peut-on réellement les transposer de l’homme à l’objet ?
– La remise en question du romantisme, même si le romantisme est loin de disparaitre. Aujourd’hui on est romantique et pragmatique.
– L’importance prépondérante des outils de communication moderne comme vecteur de séduction.
– L’acuité et la rapidité de l’analyse du pouvoir de séduction de « l’objet du désir » (5 minutes !).
– Les femmes ont appris à oser et ce quel que soit leur âge.
– Les manoeuvres de séduction sont désormais directes et simples.

 

Serait-ce que l’émotion ne soit plus le support nécessaire à la séduction ? « Les mots manquent aux émotions » écrit V. Hugo.

 

Tout ce que ne peuvent démontrer les sondages, c’est la partie subconsciente de l’individu, celle qui touche à l’irrationnel.

 

Et si cette étude n’était que le révélateur d’un mode d’expression, du langage actuel, d’un état d’esprit et non le révélateur d’un bouleversement du comportement chez les femmes.

 

R.-G. Gaultier

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